Chroniques-Dortiguier


chevènemen-islam-discrétion-Dortiguier-llp-2


Chevènement législateur de l’Islam français ?


Cela ferait sourire si l’on rappelait l’aveuglement de cet agrégé d’allemand et ancien élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, alors ministre de l’Éducation nationale (terme ayant remplacé celui plus naturel d’instruction publique) qui se montrait hostile à l’enseignement de la langue de nos voisins dans le primaire alsacien ! Dans de telles dispositions d’esprit, il reprenait en jacobin — terme révolutionnaire qu’il affectionne — l’interdiction historique du burkini allemand, peut-on dire, qui était jugé au temps de nos massacres civils, désigné par la Terreur, contre-révolutionnaire, à savoir ce que nous désignons par « costume alsacien », en fait rhénan !

La même interdiction portait en Alsace, dans ces années cruelles horrifiant l’Europe et l’Orient, sur la sonnerie des cloches républicainement interdite, car elles troublaient la paix civique par le rappel du fanatisme, au point que le jeune prince de Metternich dans ses Mémoires conte l’histoire d’un paysan alsacien retrouvant la liberté religieuse outre-Rhin !
Cette idiotie jacobine qui est le vrai et seul contenu du concept de laïque, semble devoir se réincarner dans la personne de Chevènement, et promet à la population musulmane, dans la Nation, des jours néfastes, l’extinction du paupérisme annoncé dans l’évangile socialiste étant remplacé par celle de l’islamité, tout comme le vrai christianisme protestant ou romain fut éteint au début du siècle, dans la majorité des âmes !
La presse étrangère a bien fustigé le ridicule odieux de la persécution vestimentaire française qui a trouvé un seul secours étranger dans trente communes rouges catalanes ; cette persécution, dans les faits est une première expulsion des Arabes en général de l’espace social, leur rôle étant réservé, dans l’invisibilité sociale, aux basses tâches, ou aux frivolités télévisées, tout comme dans ce théâtre de marionnettes qu’était l’Algérie ou le Maghreb français !
« Une menace pour la sécurité », pour reprendre le titre ironique de la presse anglaise et anglo-américaine, tel était aussi le costume alsacien, dans un territoire où s’était installée l’armée française royale, tout comme elle le fera en Algérie, et ceux qui s’élèveraient contre l’outrance apparente de cette comparaison feraient bien de lire la lettre de protestation envoyée par Fénelon, archevêque de Cambrai, à Louis XIV, et à cet égard, nos jacobins modernes sont tout aussi belliqueux et cupides que les courtisans et les généraux du Mars Très Chrétien, comme Leibniz raillait le faux dévot Louis XIV.

S’agit-il de réformer l’Islam par décrets lois, et de jouer à être un second Mustapha Kémal ?


…la République, dont le buste de Marianne, souvenir d’un nom de loge d’émigrés exaltés à Londres, opposants à Napoléon III, orne toutes les pièces de cette immense ruche de frelons !


Je donnerai mon propre exemple : dans les années soixante-dix, professeur au lycée Carnot tunisien, il m’est alors arrivé d’accompagner ma secrétaire arabe tunisoise qui tapait mes chapitres de philosophie et son mari sur la plage, qui ne différait en rien des françaises ou autres européennes, mais les tenues étaient correctes, le voile alors très rare, inconnu dans mon lycée et invisible à l’université où j étais chargé de cours et où une de mes élèves studieuses du lycée, Khedija Ben Hamida m’a succédé ! La connaissance de l’Islam était alors, à mon sentiment, plus approfondie qu’aujourd’hui, car ni le laïcisme débridé, ni les produits saoudiens du néo wahhabisme qui met tout dans le vêtement ou la barbe, comme de nouveaux castristes orientaux, n’avaient englouti les esprits.

Ce à quoi nous assistons est une véritable chasse à l’homme ! Et ce racisme, si honni par nos docteurs, revient en force, car le proverbe populaire est exact : chassez le naturel, il revient au galop. Mais pareil racisme aussi inavoué qu’éclatant et qui n’a pas échappé à la presse internationale, revient à ce vers du Tartufe « Cachez ce sein que je ne saurais voir » . Les laïques nous désignent ce que recouvre leur mot chéri de laïcité que les étrangers s’étonnent de trouver mêlé à une affaire de plage : l’hostilité à toute religion, et à toute forme de préservation de l’héritage des ancêtres, que ce soit celui des germains à l’Est, des Bretons à l’Ouest, des Flamands au Nord ou des Maghrébins, tous peuples qui ont une citoyenneté commune, traduisez l’obligation de déposer leur tête sous le couperet de la République !
La France, la douce France — ainsi que les Nordiques, dans leur légende ou mythologie héroïque, parlent de la « douce Freya » — comme telle, n’est pas à incriminer, mais bien ce mot dangereux qui s’y est substitué, à force de complots des sociétés occultes, et que Sarkozy préfère à celui de démocratie, la République, dont le buste de Marianne, souvenir d’un nom de loge d’émigrés exaltés à Londres, opposants à Napoléon III, orne toutes les pièces de cette immense ruche de frelons !
Nous citerons en conclusion ce mot du philosophe allemand Hegel que le vide de la Raison entraîna la Terreur révolutionnaire en France. Ce sont des terroristes, ici, républicains et laïques, là-bas wahhabites et qui se retrouvent dans les palaces parisiens, car l’argent est leur odeur !
Que voulez-vous qu’ils décident de l’Islam, sinon de faire comme au couple royal, de lui trancher la tête, et de lui substituer une momie d’apparence éternelle, mais aux entrailles vidées, que l’on célébrera comme le culte de la Raison avec des artistes arabes et un déshabillé, selon le mot de Denis Diderot, « plus indécent que le nu » !