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Mort et résurrection d’Al Baghdadi


Le conte sanglant se poursuit, et la lecture de nos medias semblerait faire accroire que le chef qui menaçait dernièrement l’Iran de porter chez lui le fer d’une islamisation cacher, pour ainsi dire, à savoir tolérée par la « seule démocratie du Proche Orient », tantôt est blessé, puis est annoncé défunt, mais restera toujours une affiche énigmatique, un nom ou un visage sans authentification possible. La même chose pour cette mort de Ben Laden dont infortunément les justiciers US ne pourront tous pas instruire leur progéniture, puisqu’un accident d’hélicoptère les a tués en Afghanistan ! Il semble qu’un diable efface les traces de personnages dont on parle en voisins, mais que personne n’aura pu, sinon approcher, du moins interroger sur leur motivation et leur dessein ou stratégie. C’est là un phénomène nouveau, car dans les sociétés traditionnelles, primitives ou réactionnaires, comme les sociétés libérales aiment à les désigner, les chefs paraissent, galvanisent leurs troupes et prennent à partie l’opinion publique internationale. Là tout se passe dans le secret du sérail, comme si l’on était encore au XVIIIe siècle et qu’on entende parler d’un coup d’État en Turquie, ou d’un meurtre au sérail du palais de Topkapi. Nos médias parlent mais ne montrent pas. Et ceci vaut pour ce monde islamique tant décrié, où pas même un journaliste n’a pu nous brosser un portrait détaillé d’Al Baghdadi et expliquer en premier aux Musulmans quelle serait l’organisation de son Califat, lequel se veut mondial, rien de moins !

Ce genre d’homme ne répond pas à la qualité d’un chef, mais au caractère d’un personnage de bandes dessinées ou de films d’épouvante, série B, comme l’étaient ces Fu Man Tchu et autres ambitieux démoniaques, destinés à faire peur mais que nul de sensé ne craint, car ils sont créés pour demeurer une fiction.


En somme le golem de Prague, de la tradition frankiste, revenu au pays des sabbataïstes !


La situation de ce faux État et de cette fausse armée de Daech qui est un jeu vidéo manipulé depuis certaines démocraties occidentales et la démocratie qu’il n’est plus la peine de nommer, d’Orient, composée d’éternels migrateurs, présents partout et craintifs des réactions qu’ils suscitent, toujours sur le qui-vive et ne refusant point de revenir en Allemagne, hospice de tous les miséreux ou de ceux qui affectent de l’avoir été ou de le devenir : la seule réalité mortifère est celle des armes dont disposent ces mercenaires recrutés, pour beaucoup, en Asie et en Chine des Ouïgours. Car la vague de ce Califat ne vise par le Nord, contrairement aux hallucinations islamophobes confondant race et religion, et le siège de Vienne n’est pas pour bientôt, elle est pointée vers l’Asie musulmane, et le premier pays musulman qu’est l’Indonésie, conformément aux espérances US et sionistes d’étendre un cordon sanitaire autour de la Chine et couper sa route de l’Afrique. Il est à cet égard remarquable de constater que la stratégie américaine est inverse de celle suivie pendant le dernier conflit mondial ; celui-ci avait vu les Anglo-américains se garder de la masse musulmane en Orient, que le Japon, par exemple jusqu’en Inde avait pu – en témoigne la Conférence de Tokyo groupant une grande quantité de délégations musulmanes –  gagner à sa cause et au principe géopolitique, l’Asie aux Asiatiques. Cette nouvelle stratégie est purement terroriste et dirigée en premier contre les musulmans de Malaisie et des îles, dont la grande et populeuse Java.

Cette stratégie US explique seule la permanence du fantôme d’Al Bhagdadi, qui aura eu au moins l’avantage que n’a pas eu Ben Laden, le vrai s’entend, dont la fille de Bhutô au Pakistan avait annoncé la mort ancienne, d’assister aux massacres en cours. Peut-être n’est-il qu’une image diffusée par ces fonctionnaires américains conduisant des drones, depuis leur chaise, entre deux coca, qu’il trompe ses hommes, comme le font nos politiques, en se répétant que l’homme aime qu’on lui mente. C’est là un Califat sans fruit, un Adam sans progéniture, un figuier destiné, suivant Issa (béni soit-il) à être jeté au feu.

Cette chasse à Daech serait risible, sauf à considérer les morts civils et militaires, brigandages, viols et destructions de biens, car elle appelle des puissances étrangères suréquipées à roder autour de Mossoul, à courir, comme l’armée turque sur le territoire irakien ou syrien en méprisant le gouvernement élu en place ! Mais non voyons, il n’y a qu’un élu respectable dans cette région, un peuple, et ce qui lui plaît, comme on le disait des dames, devient un ordre. C’est au battement de son cœur que naît, meurt et ressuscite, en second Adonis, le seul phénix oriental qui soit abandonné à notre crédulité. En somme le golem de Prague, de la tradition frankiste, revenu au pays des sabbataïstes !

Pierre Dortiguier