Chroniques-Dortiguier


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L’unité du terrorisme !


Chacun porte, dans l’apparente confusion actuelle, même involontairement ou passivement sa contribution au bûcher du terrorisme mondial. De simples slogans comme « Jeanne reviens » (par la mythique et fausse bergère, fausse paysanne, fausse Lotharigienne ou Lorraine, d’il y a sept siècles, vraie Jeanne des Lys dite plus tard d’Arc, ou autres enfantillages droitiers ou gauchistes, comme les médecins de la politique diagnostiquent les comportements anarchiques. Tout se passe comme si un champ magnétique indiquait une direction à un ensemble de forces pour les faire aboutir à une résultante qui est ce que le patron de la DGSI, devant une commission parlementaire, nomme la guerre civile.

Il y a, développée en France, plus que dans le reste de l’Europe, une disposition traditionnelle à l’affrontement, et l’inconséquence de la conduite est le bois nourrissant cet embrasement. Le travail d’investigation policier signale des suspects pouvant passer à l’acte, des services syriens l’indiquent, et les plus hautes autorités, par ce poison de l’idéologie, n’en tiennent aucun compte. Car la raison est bouleversée par la recherche de l’affrontement à tout prix. Il n’est point surprenant que la pauvreté des arguments droitiers et gauchistes soit aussi égale dans les deux camps que le chef de la DGSI voit se préparer, avec, comme il le pense, mais ne peut le dire, la complicité des services étrangers à l’Europe, et qui ont intérêt au chaos.

L’antiracisme et le racialisme — pour user des mots contemporains — s’affrontent, avec d’autant plus d’aveuglement que, selon une pensée juste du comte Gobineau, l’unité ou la généralité de la race fait défaut en France, et a causé sa turbulence continentale et coloniale même. Il est certain que l’unité populaire est, pour choisir un exemple neutre, plus réelle en Hongrie ou en Croatie, où une partie du peuple est musulmane, venue de la Bosnie pendant la première guerre mondiale, de la Croatie turque comme on la nommait.


Tout ce terrorisme mondial n’est qu’un prélude. C’est même l’arbre qui cache la forêt !


Le célèbre frère Mirabeau, que la monarchie avait envoyé espionner la Prusse, avait qualifié la France d’agrégat de peuples désunis. Nous avons été néanmoins unis mais non pas pour un objectif pacifique, mais contre un adversaire, et cette hostilité explique que l’idéologie marxiste communiste ait recueilli autant de suffrages, jusque dans les milieux intellectuels et savants, et que l’effondrement apparent du communisme en Russie oligarchique ne modifie pas. La médiocrité culturelle a sa part, et c’est sur ce terreau que pousse la violence annoncée par le distingué Patrick Calvar.

L’on peut, en reprenant le Figaro, relever cet attentat redouté contre des enfants — et des instructions précises ont été données dans les écoles, sur lesquelles nous ne pouvons par discrétion insister, pour ne pas troubler les esprits — mais le Figaro ne parle pas dans le vide et les manipulateurs de ce terrorisme général trouveront comme explication le fait répété depuis des semaines que l’aviation russo-syrienne pilonne les hôpitaux. Cette information sert à exciter la part gauchiste ou islamiste pour lancer des aveugles idéologues contre les dits Occidentaux, et le résultat sera inévitable : la discipline imposée à un agrégat de petits maîtres et d’esclaves pour les enrôler dans un massacre plus vaste. Tout ce terrorisme mondial n’est qu’un prélude. C’est même l’arbre qui cache la forêt !

Une des constantes de cette opposition montante entre deux pôles extrêmes de la société française et d’une partie de l’Europe qui est à son image, est l’excitation de groupes dont on peut dire, en les fixant chacun, qu’ils répondent à cette formulation grecque, j’entends ce vers, cité dans les Lois de Platon, disant que Zeus (ou Jupiter) diminue l’intelligence de ceux qui se sont rendus esclaves. N’en est-il pas ainsi de ce nationalisme reposant sur une nostalgie coloniale, de cet islamisme d’autant plus faussement radical qu’il accepte le principe de vivre séparé d’une communauté musulmane et d’une société même injuste et néanmoins enracinée ? Ce sont là des contradictions logiques qui d’une part affaiblissent l’esprit et d’autre part énervent des corps chauffés à vif par des mots qui n’ont rien d’une idée. Il est remarquable, à cet égard, que cette logique terroriste, comme dans le cas de ces nouvelles Brigades internationales — et la guerre syrienne est une seconde guerre d’Espagne — touche des Européens, nouveaux Jacobins ou bolchevistes, imaginant avoir embrassé une religion, qui est l’étude du salut individuel et collectif, alors qu’ils n’étreignent que le fantôme hideux de la révolution !